Artisanat : trouver le "juste prix"

janvier 17, 2020

Artisanat : trouver le "juste prix"

Revenir vers une société basée sur les valeurs de l'artisanat et de la créativité.

Voici le souhait d'un nombre croissant de personnes à travers le monde. Hors paradoxalement, le prix moyen d'un article diminue d'années en années. Les gens souhaitent donc consommer mieux mais toujours moins cher. 

 

 

Pourtant, si l'artisanat se distingue des biens de consommation rapide c'est bien grâce à sa qualité et sa rareté. De plus, les charges des artisans sont trop élevées pour leur permettre de s'aligner sur les prix pratiqués par les grandes enseignes. L'artisanat devient alors une sorte de luxe, de privilège même réservé aux classes sociales les plus aisées. 

Néanmoins, si nous faisons un bond dans l'histoire, l'artisanat est la forme la plus ancienne de consommation. Certes, les achats sont moins nombreux mais la qualité des objets est incomparable à celles des grandes surfaces. 

Alors qu'est ce qui a changé ? 

La société de consommation a transformé nos habitudes de consommation. Cette dernière inculque dans l'esprit collectif qu'à acheter plus est synonyme de mieux. Pourtant, l'artisanat est la preuve vivante que ce modèle n'est plus celui que nous devons choisir : 

1) Acheter des produits artisanaux c'est privilégier le savoir-faire d'un artisan professionnel et passionné : autant faire vivre quelqu'un qui dédie sa vie à sa passion non ? 

2) Un objet souvent unique : l'avantage des produits artisanaux c'est que nous pouvons être (quasiment) sûrs à 100% que notre voisin n'aura pas le même chez lui. 

3) Des produits durables : Vous l'aurez sans doute compris. Chez Mazonia, nous souhaitons partager un mode de consommation plus durable et écologique. Quand un artisan crée un article, il est dans son intérêt de vous vendre un produit de qualité irréprochable. À l'inverse, les grandes enseignes, elles, ont tout à gagner de vous faire consommer : les produits vendus sont donc réalisés à moindre coût pour entrainer un prochain achat de manière très rapide. 

 

Mazonia & l'artisanat Colombien Wayuu

Chez Mazonia, beaucoup de remarques concernent le prix de nos sacs Wayuu. Les prix sont extravagants pour certains. Il est vrai que nos produits se situent dans une gamme de prix plutôt élevée. C'est un choix, un parti pris. Nous n'encourageons pas la consommation irraisonnée en pratiquant des prix qui ne permettraient pas d'améliorer les conditions de vie de nos tisserandes et des populations Wayuu en général. Chaque sac nécessite au minimum 24h de travail pour l'artisane. Les usines elles produisent certains sacs en quelques secondes. La rémunération doit aller de paire avec le travail réalisé.  

 

 

Vous l'aurez compris, chez Mazonia nous soutenons les traditions et l'artisanat à travers le monde. À travers cet article, nous avons souhaité mettre en exergue la difficulté d'un artisan de vivre de son art et notamment d'ajuster ses tarifs à ceux du marché, bien trop bas pour rentabiliser les frais rencontrés. 

N'hésitez pas à nous donner votre avis sur la question en commentaires, nous avons hâte de vous lire ! 

Éthiquement, 

Jeanne & Daphnée

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2 Réponses

Daphnée de MAZONIA
Daphnée de MAZONIA

avril 10, 2020

Bonjour Mireille,

Merci de votre commentaire qui soulève les bonnes questions, centrales dans notre démarche de commerce équitable. Je me permet d’y répondre ici en vous dévoilant tout le processus d’une mochila Wayuu Mazonia.

Tout d’abord les mochilas Wayuu que vous avez vues sur des marchés colombiens appartiennent à une autre réalité que nous ne voulons pas encourager. Jeanne qui vit dans la région de La Guajira, à Riohacha, connait l’exploitation à grande échelle qui se cache derrière de nombreux marchés de mochilas Wayuu. L’exploitation peut se faire de colombiens citadins à Wayuu, voir de Wayuu à Wayuu, et est largement rattachée au tourisme.

Derrière un sac à 20€, la rémunération finale pour la tisserande est dérisoire et à la limite du rentable.
Si vous avez l’occasion de vous rendre dans une rancheria Wayuu et si possible de parler aux tisserandes, vous pourrez constater la pauvreté qui y sévit, alors même que les femmes crochètent des merveilles artisanales au quotidien.

En effet pour pouvoir survivre, ces femmes doivent crocheter toujours plus de mochilas afin de tabler sur les quantités. Fatalement, la qualité de l’artisanat s’en trouve altérée (du vite fait-mal fait, perdant sa part spirituelle et sacrée).
Nous garantissons une différence de qualité entre les mochilas Wayuu MAZONIA et celles des marchés touristiques.

Qu’y a t’il derrière le prix d’un sac Mazonia ?

Tout d’abord nous rémunérons les tisserandes 3 à 4 fois plus que le marché local. À présent, des tisserandes d’autres communautés viennent nous voir, car elles savent qu’avec nous elles auront une rémunération à la hauteur de leur talent.

Nous n’achetons pas à un revendeur et allons directement au sein des communautés avec des demandes particulières en terme de motifs. En amont, Jeanne réalise ainsi un travail de création des collections. Elle imagine tous les motifs et produit elle-même les fiches techniques : un travail de styliste à part entière permettant d’adapter les sacs à la culture française. Un sac Mazonia est ainsi la combinaison de différents savoir-faire créatifs et un carrefour de cultures, ce qui les différencie des sacs trouvés sur les marchés.

Ce circuit court implique des allers-retours récurrents auprès des tisserandes avec une voiture à louer (ce qui coute cher notamment à cause de la flambée des prix du pétrole et de l’essence venant du Venezuela) afin de suivre l’évolution des mochilas.
Une fois terminée, la mochila doit passer une étape de contrôle qualité prise en charge par une autre femme Wayuu (un cout supplémentaire).
Le sac passe ensuite dans un atelier de couture pour y ajouter la poche intérieure et les étiquettes réglementaires (autre main d’œuvre et matières premières à payer).

Une partie non négligeable des dépenses vient du transport. Les sacs mochilas sont envoyées par petites séries via UPS. En effet, les autres compagnies moins onéreuses ne nous garantissent pas la bonne prise en charge de ces sacs, difficilement remplaçables si le colis est égaré. Une fois arrivé en France, je les réceptionne et y ajoute toute la “mise en beauté” (packaging, étiquette et carte postale d’explication etc.).

À cela s’ajoute d’autres frais : TVA (20%, qu’il n’y a pas en Colombie), loyers de nos bureaux (un en France et un en Colombie), impôts, frais mensuels du site, outils d emailing, frais bancaires, envois colissimo à domicile, etc.

Pour le moment, Jeanne et moi ne pouvons nous rémunérer pour cette activité encore jeune.

J’espère vous avoir répondu et vous souhaite une belle journée,

Daphnée de MAZONIA

MIREILLE VALENTIN
MIREILLE VALENTIN

avril 05, 2020

Vos sacs sont à un prix beaucoup trop élevé !!! Certes, il faut que les artisans qui les fabriquent gagnent correctement leur vie mais je rentre de Colombie où j’ai acheté des sacs pour 50, 60 000 pesos ce qui fait environ 20 euros !! Il y a de la marge pour arriver à vos 180 euros…. j’espère que cette marge profite au populations locales mais permettez moi d’en douter…

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