Plastique + Nous = fin d'une idylle

janvier 24, 2020

Plastique + Nous = fin d'une idylle

Plastique, mon amour... tu es partout : dans notre bic, notre crème hydratante, notre doliprane et nos couverts du salade bar. Le plastique a su conquérir nos vies, de ses charmes irrésistibles. Facile à produire, peu cher, dérivable pour toutes les industries. Bref, le prince charmant de la matière ! Mais comme dans toute relation amoureuse, après l'idéalisation vient la désillusion. Nous y voila et ça fait mal : D’ici 2050, nous trouverons plus de plastique que de poissons dans les océans. C'en est trop, l'heure de la rupture a sonné ! Pourtant, comme avec un pervers narcissique, nous verrons que la rupture s'annonce difficile et il ne se laissera malheureusement pas faire.

Connaitre son adversaire : le plastique, qu’est-ce-que c’est ? 

Notre histoire commence sous terre, habitat du pétrole, roche liquide d'origine naturelle et remplie d'hydrocarbures. Une fois extrait de son puits souterrain, il est envoyé dans une raffinerie qui en séparera les différents constituants.

Parmi ces constituants se trouve le naphta. Ce dernier sera d'abord chauffé à 800 degrés. Il sera ensuite refroidi brutalement. De petites molécules, appelées monomères, ressortent de cette opération.

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Les monomères vont alors s’assembler chimiquement en longues molécules pour former ensemble : des polymères, en petits granulés. Il en existe quatre grandes familles :

  • le polyéthylène (PE)
  • le polypropylène (PP)
  • le polystyrène (PS)
  • le polychlorure de vinyle (PVC)

À partir de ces polymères, trois principaux types de plastique sont crées : 

  • les thermoplastiques qui ramollissent sous l’effet de la chaleur. Ils sont facilement recyclables et non biodégradables,
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Exemple commun de produits constitués de polymères thermoplastiques : Les classeurs en plastique.

  • les thermodurcissables qui sont solides, résistants et non recyclables,
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Exemple commun de produits constitués de polymères thermodurcissables : Les moules à gâteaux en silicone alimentaire.

  • Les élastomères qui sont élastiques et déformables.
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Exemple commun de produits constitués de polymères élastomères : Les élastiques en caoutchouc.

Le plastique : un matériaux qui ne date pas d'hier

Notre première rencontre avec le plastique remonte à 1838, lorsque le chimiste Henri Regnault découvre par accident la polymérisation du PVC (Polychlorure de vinyle). Néanmoins, cette découverte est restée sans suite.

Une trentaine d'année plus tard, les frères Hyatt mettent au point le celluloïd : la toute première matière plastique artificielle ! Les choses deviennent alors sérieuses entre nous.

Boutons en Galalithe blanche ou "pierre de lait"

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En 1889, c'est au tour du chimiste français Jean-Jacques Trillat d'obtenir de la galalithe (un polymère) en durcissant une des protéines du lait. Cette matière, sera alors utilisée pour fabriquer des boules de billard ainsi que d'autres articles de la vie courante (boutons, bijoux fantaisie, stylos).

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Mais comme évoqué plus haut, le plastique prend toute son ampleur seulement au 20ème siècle.

Nous devons cet élan au chimiste américain Wallace Carothers qui met au point le Polystyrène et le polyamide, premiers plastiques techniques à haute tension.

 

Reprenons donc les premiers pas du plastique :

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Depuis, de nombreux autres plastiques virent le jour connaissant une production mondiale en croissance exponentielle :

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Imaginez la production de 2035 si nous maintenions cette cadence !

448 millions de tonnes, c'est ce chiffre que nous retiendrons.

S'il fut originellement créé comme une alternative au verre, il est aujourd'hui devenu l'un des plus grands fléaux de notre écosystème.

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Durabilité du plastique : une calamité pour la planète

Novethic analyse les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) du plastique par ces quelques chiffres :

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Merci GreenPeace pour ce clip aussi décalé qu'efficace :

Les mobilisations pour un monde sans plastique

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Même si le gouvernement Français a banni la distribution de sacs plastiques en 2016, elle souhaite, dès le 1er janvier 2020 opter pour de nouvelles interdictions. Finis et interdits les kits de vaisselle plastique, les pailles, les cotons-tiges et la distribution de bouteilles d'eau plate en plastiques dans les cantines scolaires. Bonjour aux nouveaux matériaux, comme...le bambou !

Et dans le monde ?

Globalement, nous restons encore à la phase des débats, devant précéder les grandes actions (nous l'espérons). Cependant certains pays souhaitent très rapidement voir disparaitre le plastique de leur territoire. Le Canada souhaite ainsi interdire dès 2021 plusieurs articles en plastique à usage unique :

« Quand nous emmenons nos enfants à la plage, on doit chercher du sable qui n’est pas rempli de plastique, de bouteilles, de styromousses ou de pailles », constate J. Trudeau

(source : Le Monde, Le Canada va interdire les plastiques à usage unique dès 2021)

Le grand méchant sac plastique

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Peu à peu fleurissent de nombreuses initiatives pour des nouveaux sacs plus naturels. En voici quelques unes :

Les emballages "comestibles"

En 2012, l'ingénieur chimiste sorti d'Harvard David Edward a réussi le pari fou de créer un emballage 100% comestible, lancé dans son entreprise Wikicells.

« Un gel fait avec des particules de calcium et de magnésium, et un polymère naturel » David Edwards.

(source : Agro-média, Des emballages comestibles alimentaires : miam ?)

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En 2012, Wikicell Design a levé 10 millions de dollars pour développer ses produits et les commercialiser en France et aux États-Unis.

Aujourd'hui, même si cet emballage comestible reste rare dans nos supermarchés, nous ne pouvons qu'encourager les marques distributrices à s'y mettre !

Les sacs en amidon, merci EnviGreen :

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Depuis janvier 2017, l'entreprise EnviGreen basée en Inde du Sud, a lancé les sacs en amidon. La particularité de ce sac de course ? Il se dissout en seulement 15 secondes sous l'eau chaude. Une très belle révolution scientifique qui permet ainsi de voir moins de sacs plastiques au sein de grands supermarchés.

Ce dernier est fabriqué à l'aide d'amidon naturel tel que le tapioca, le maïs ou le fécule issu du manioc. L'entreprise commence petit à petit à s'implanter dans le monde entier, notamment en développant son idée au Qatar avec le projet Go Green Qatar. L'entreprise nous a indiqué par mail que la vente de leurs sacs de courses y commencera dès le premier trimestre 2020.

Ce sac est aussi entièrement comestible. Pas mal pour un premier pas vers un environnement « zéro déchets ». On dit merci EnviGreen !

L'aéroport de San Francisco, l'aéroport « zéro déchet »

Vous ne vous en doutez peut-être pas, mais depuis 2016 l'aéroport de San Francisco a lancé un programme « zéro déchets » pour 2021.

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Depuis le 20 aout 2019, l’aéroport a décidé de bannir toute vente de bouteilles en plastique, ce qui fait de lui le premier aéroport mondial à mettre en place cette réforme. Près de 100 fontaines à eau ont donc été installées, permettant aux voyageurs de remplir leur gourde.

Mais au delà de son aéroport, la ville de San Franciso a supprimé la vente de bouteilles en plastique dans ses bâtiments municipaux ainsi qu'au sein de son espace public, depuis 2014 ! Un bel exemple à suivre pour nos métropoles françaises.

Les pailles : « bambou, carton and pasta are the new plastic » :

Comme annoncé en 2019, l'Union Européenne interdira la paille en plastique dès 2021. Ainsi de nombreuses enseignes trouvent des alternatives. En sirotant notre mojito, nous avons eu le plaisir de découvrir la paille en bambou, carton, fer et même celle faite en pâtes.

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Aussi étonnant que ça en a l'air, ces petites innovations du quotidien laissent espérer l'extinction pure et simple de notre bonne vieille paille en plastique. À noter qu'aujourd'hui, il n'existe plus de pailles en plastique sur le commerce après écoulement des stocks.

Alors oui, même si la paille en carton à la mauvaise habitude de se dissoudre dans votre diabolo menthe, elle reste un grand pas pour dans le petit écosystème sans plastique.

Ces initiatives ne sont pas réservées au secteur de la restauration, et heureusement ! Le plastique a su conquérir tous les secteurs industriels. La tâche n'est pas mince.

Et le plastique dans la mode ?

L’industrie de la mode est la deuxième industrie la plus polluante après celle du pétrole. Ces deux industries ne partagent pas seulement les deux premières marches du podium :

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Le polyestère représente plus de 80% des fibres synthétiques et plus de 50% des fibres produites au monde. Et vous l’aurez deviné, le polyester est produit à partir de pétrole. 

Les tissus synthétiques ont un impact environnemental de part leur fabrication, mais aussi lors d'un simple lavage en machine. En effet ils sont la première source de microplastiques retrouvés dans nos chers océans

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Mettre en place de nouvelles réformes, trouver de nouvelles alternatives qui permettraient, ainsi à notre planète de retrouver un peu de bleu dans cet océan de plastique est devenu essentiel.

De nouvelles alternatives dans le domaine textile aujourd'hui :  « Plastique, ce n'est qu'un adieu »

De nombreuses alternatives aux tissus synthétiques se développent, en particulier dans le domaine de la mode.

Le skaï, faux cuir animal à base de plastique, voit apparaitre des petits nouveaux sur le marché : le cuir d’eucalyptus, cuir de champignon, ananas, raisin, pomme ou encore tige de lotus.

Matt&Nat et Piñatex sont deux références en la matière, par des "cuirs" plus écologiques, environnementales et responsables :

Le recyclage, mot d'ordre de Matt&Nat

MAT(T)ériaux et NAT(ure) a vu le jour en 1995 dans la ville de Montréal. La marque conçoit de la maroquinerie et autres accessoires de mode.

  • Leur leitmotiv ?

« Live beautifuly » prônant l'humanité, la créativité et le positivisme.

  • Leurs points forts ?

Teintures naturelles et recyclage. En effet, Matt&Nat recycle nylon, carton, caoutchouc et liège pour fabriquer leurs collections.

Depuis 2017, la marque fabrique aussi des collections 100% faites à partir de bouteilles recyclées. Plus récemment encore, elle a mis au point une collection avec des pneus de vélos recyclés.

La marque vend dans plus de 80 pays mais pas encore en France. Cependant pas d'inquiétudes ! Nombreux sont les sites revendeurs comme Asos.

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Du cuir fruité chez Ananas Anam

L'une des alternatives au cuir les plus répandues reste le cuit d'ananas. Plus connue sous le nom de Piñatex, qui est la marque déposée, cette matière non tissées se constitue de longues fibres de feuilles d'ananas.

Le textile a été développé sur une période de sept ans par la docteure Carmen Hijosa. Elle a fondé l’entreprise Ananas Anam en 2011 suite à la découverte du barong tagalog, tenue cérémonielle portée par les locaux et fabriquée à partir du cuir en ananas.

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Les feuilles d’ananas, qui sont habituellement jetées, sont récoltées par des agriculteurs philippins qui extraient les fibres.

Ces fibres subissent ensuite un traitement industriel pour les transformer en textile. En moyenne, pour produire 1m² de Piñatex, il faut 480 feuilles, soit 16 ananas. Il se décline en 4 coloris : charbon, crème, brun et or métallisé. Ce tissu a plusieurs avantages : il est solide, fin, doux et souple. Cependant, cette alternative n’est pas encore parfaite ! La culture des ananas nécessite l’utilisation de pesticides pour maîtriser la croissance des plants et déclencher la floraison à l’année. Aussi, elle n’est pas biodégradable contrairement à la fibre d’eucalyptus et la fibre de coco. Libre à vous de choisir votre préférence !

De la nature sur nos oreilles : bienvenue à l'ivoire végétal

Les âmes soeurs

Une autre alternative au plastique se cachait au cœur de la jungle colombienne : l'ivoire végétal.

Contrairement au cuir d’ananas, cette alternative ne provient pas de cultures.

Comment récupère t'on l'ivoire végétal ?

Le fruit de l'arbre à ivoire tombe naturellement au sol, pour ensuite être récolté manuellement, sans qu’il soit arraché à l’arbre. Le fruit contient un lait sucré comestible, comme les noix de coco, qui après être tombé au sol va se durcir au bout de 3 à 6 mois. Le lait devient alors aussi dur et façonnable que du bois : c'est ce qu'on appelle l'ivoire végétal ou graine de tagua.

Arbre en ivoire végétal, récolté pour les boucles d'oreilles faites à la main par MAZONIA

Cette matière a donné l’espoir d’un monde sans plastique à MAZONIA, pour un avenir serein et durable.

La marque éthique a ainsi façonné une collection de boucles d’oreilles entièrement sculptée dans l'ivoire végétal. Une collection qui permet, à notre échelle, de freiner le raz de marée « plastique ». 

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Des alternatives fiables existent pour un monde sans plastique, à nous de les saisir et de les valoriser !

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Con mucho amor.

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